Claude Monet avait fait de la lumière son sujet. Il peignait la même meule de foin, la même façade de cathédrale, le même bassin de nymphéas à des heures différentes, pour saisir non pas l'objet mais ce que la lumière en faisait à cet instant précis. Or, à la fin de sa vie, une cataracte bilatérale est venue s'interposer entre son œil et cette lumière. Chez n'importe qui, la maladie est gênante ; chez un peintre obsédé par les nuances les plus fines, elle touchait directement son instrument de travail.
Nous avions déjà évoqué les collyres à base de pilocarpine, qui rétrécissent la pupille pour gagner en profondeur de champ et faciliter la vision de près. Une équipe de chercheurs explore aujourd'hui une piste très différente : au lieu de contourner le problème, elle cherche à le corriger à la source, en assouplissant le cristallin qui a durci avec l'âge.